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Comment aménager un open space : 7 règles | Comparatif-Pro

Comment aménager un bureau open space ? Zones fonctionnelles, mobilier ergonomique, acoustique et normes : le guide pour décideurs.

Espace de travail ouvert aménagé en open space avec postes de travail en configuration collaborative Photo par Grand Canyon NPS via Flickr (CC BY 2.0)

L’open space s’est imposé comme le format dominant dans les bureaux professionnels français : selon une étude Actineo, plus de 60 % des salariés en entreprise travaillent dans un espace ouvert. Bien conçu, ce type d’aménagement favorise la collaboration, optimise le coût au poste et reflète une culture managériale moderne. Mal pensé, il génère du bruit, de la dispersion et une perte de productivité mesurable. Aménager un bureau en open space ne s’improvise pas : voici les étapes et règles clés pour y parvenir.

Pourquoi l’aménagement de l’open space conditionne la performance collective

Un open space n’est pas simplement un plateau sans cloisons. C’est un environnement de travail partagé qui influence directement la concentration, la communication et le bien-être des collaborateurs. Les études montrent qu’un salarié en open space est interrompu en moyenne toutes les 11 minutes, et qu’il lui faut près de 23 minutes pour retrouver sa pleine concentration après une interruption.

L’enjeu de l’aménagement est donc double : permettre les échanges spontanés, un des atouts majeurs du bureau ouvert, tout en préservant des zones de travail focalisé. Ce paradoxe se résout par une segmentation fonctionnelle rigoureuse de l’espace, planifiée en amont du projet.

Analyser l’espace avant de commencer : surface, flux et contraintes

Avant de choisir le moindre meuble, un diagnostic précis du local s’impose. Cette phase conditionne toutes les décisions suivantes.

Relevé dimensionnel : mesurer les dimensions du plateau, identifier les poteaux porteurs, les gaines techniques et les accès aux réseaux (prises électriques, fibre optique, climatisation). Ces contraintes fixent les zones non aménageables.

Calcul de la capacité : appliquer les normes réglementaires pour déterminer le nombre maximum de postes. Un plateau de 200 m² peut accueillir entre 20 et 28 collaborateurs selon la configuration retenue.

Analyse des flux : cartographier les déplacements quotidiens (accès salle de réunion, imprimantes, cuisine, toilettes). Les couloirs de circulation doivent rester dégagés pour respecter les exigences d’évacuation, avec un minimum de 0,90 m de largeur libre par passage.

Contraintes lumière : noter l’orientation des façades vitrées et les zones d’ombre projetées. L’objectif est de positionner les postes de travail en bench au plus proche des apports de lumière naturelle.

Pour les espaces mixtes bureau-atelier, il convient également d’identifier les zones soumises à des équipements de protection individuelle spécifiques selon la nature des activités menées à proximité.

Définir des zones fonctionnelles adaptées aux modes de travail

La règle d’or de l’aménagement open space est le zoning : partitionner le plateau en zones dédiées à des usages différents, sans nécessairement ériger des cloisons hautes.

ZoneUsage principalPart du plateau
Bench de travailPostes nominaux, travail concentré60 à 70 %
Zone collaborativeRéunions informelles, tableaux blancs10 à 15 %
Bulle de confidentialitéAppels, entretiens, concentration5 à 10 %
Espace détente et caféPauses, échanges informels5 à 10 %
Stockage et imprimantesMatériel partagé5 %

La répartition des équipes respecte idéalement une logique de pôles métier : regrouper ensemble les collaborateurs qui travaillent en synergie au quotidien, comme les équipes commerciales avec l’avant-vente, ou les équipes techniques avec le support. Cette organisation réduit les déplacements inutiles et renforce la cohésion de chaque pôle.

La planification d’un projet d’aménagement impliquant plusieurs corps de métier (électricité, réseau, mobilier, déménagement) peut être facilitée par un logiciel de gestion de projet adapté aux équipes pluridisciplinaires.

Choisir un mobilier ergonomique et modulable pour l’open space

Le choix du mobilier est déterminant pour le confort quotidien et la pérennité de l’aménagement. Pour les postes en open space, trois critères dominent.

L’ergonomie : chaque poste de travail doit respecter les exigences de la directive européenne 90/270/CEE sur les écrans. En pratique : bureau à hauteur réglable (idéalement assis-debout pour les postes prolongés), siège conforme à la norme NF EN 1335, et positionnement de l’écran à hauteur des yeux, à une distance de 50 à 70 cm.

La modularité : opter pour des benchs modulaires dont la longueur et la profondeur s’adaptent aux effectifs. Un bench de 140 cm de large par 80 cm de profondeur par poste constitue la configuration standard. Les benchs en T ou en L permettent de créer des îlots pour des équipes de 4 à 8 personnes.

Les séparateurs : les cloisons basses posées à 60 à 80 cm de hauteur sur le plan de travail délimitent le champ visuel sans isoler acoustiquement. Pour une isolation phonique efficace, il faut combiner ces séparateurs de bench avec des panneaux acoustiques muraux.

Un guide détaillé sur la sélection du mobilier de bureau professionnel aborde les normes applicables, les fourchettes budgétaires par poste et les critères de durabilité à retenir.

Maîtriser l’acoustique : le principal défi des bureaux en open space

Le bruit constitue la première source d’insatisfaction en open space. Une pression sonore supérieure à 55 dB(A) dégrade significativement la concentration. Or, un plateau non traité peut atteindre 65 à 70 dB(A) en pleine activité.

Les solutions acoustiques se combinent en plusieurs couches complémentaires.

Traitement au plafond : les faux plafonds en dalles minérales avec un coefficient d’absorption alpha supérieur ou égal à 0,85 réduisent la réverbération. Les suspensions acoustiques (baffles, îles plafonnières) apportent une correction supplémentaire dans les plateaux à forte hauteur sous plafond.

Traitement mural : panneaux en mousse mélamine ou en polyester recyclé posés sur les murs périphériques et les cloisons. Cibler un coefficient d’absorption NRC supérieur ou égal à 0,80 pour une efficacité réelle.

Mobilier absorbant : bibliothèques garnies, canapés en tissu dense, plantes vertes. Ces éléments contribuent à casser les réflexions sonores sans imposer de travaux lourds.

Cloisonnettes de bench : les séparateurs acoustiques positionnés entre les postes (hauteur 40 à 60 cm, garnissage en laine de roche ou mousse alvéolaire) atténuent la transmission sonore directe entre voisins.

Bulles de concentration : pour les appels et les tâches nécessitant une forte concentration, prévoir des pods acoustiques fermés, à raison d’une bulle pour 8 à 10 collaborateurs.

Optimiser la lumière naturelle et artificielle

La lumière influence la santé visuelle, le rythme circadien et l’humeur des équipes. La norme NF EN 12464-1 fixe à 500 lux le niveau d’éclairement minimal requis sur les plans de travail en bureaux.

Lumière naturelle : positionner les benchs perpendiculairement aux façades vitrées pour éviter l’éblouissement direct et les reflets sur les écrans. La profondeur de pénétration utile de la lumière naturelle est estimée à 2 à 2,5 fois la hauteur de la fenêtre.

Éclairage artificiel : privilégier les luminaires LED à température de couleur neutre (4 000 K) avec une efficacité supérieure à 100 lm/W. Les systèmes DALI permettent d’ajuster l’intensité lumineuse par zone selon l’apport naturel disponible.

Zones d’ombre : les postes éloignés des façades nécessitent un éclairage d’appoint. Éviter les spots directionnels sur les plans de travail qui provoquent de l’éblouissement. Préférer des luminaires à diffuseur opale ou des lampes de bureau à LED orientables.

Végétalisation : les plantes vertes régulent l’hygrométrie, participent au bien-être psychologique et constituent un outil acoustique et esthétique pour délimiter les zones sans cloisons.

Connaître les normes réglementaires applicables à l’open space

L’aménagement d’un bureau en open space en France est encadré par plusieurs textes qu’il est indispensable de maîtriser avant tout projet.

Surface par occupant : l’article R. 4214-22 du Code du travail fixe à 11 m² par personne le minimum réglementaire pour les bureaux collectifs ouverts. Cette surface est calculée sur le volume global du plateau.

Largeur des allées : les dégagements doivent mesurer au minimum 0,80 m de largeur libre pour les passages courants et 1,20 m pour les allées principales fréquemment utilisées.

Aération et température : le débit d’air neuf minimal est fixé à 25 m³/h par occupant. La plage de confort thermique recommandée est de 20 à 22 °C en saison froide et de 24 à 26 °C en saison chaude.

Accessibilité PMR : les bureaux recevant du public doivent respecter les exigences de la loi du 11 février 2005, notamment la largeur des passages (minimum 0,90 m) et la hauteur des plans de travail accessibles.

Déclaration de travaux : toute création de cloisons fixes modifiant la surface ou le volume de locaux existants peut être soumise à déclaration préalable selon les communes et la nature des travaux.

Questions fréquentes

Comment organiser un open space de manière efficace ?

Un open space efficace repose sur la définition de zones distinctes selon les activités : postes de travail en bench, espaces de collaboration, bulles de confidentialité et zones de détente. La répartition des équipes par pôles métier limite les déplacements et favorise les échanges spontanés.

Quels sont les inconvénients d'un bureau en open space ?

Les principaux inconvénients sont le bruit, le manque de confidentialité et les difficultés de concentration. Ces problèmes se corrigent avec des solutions acoustiques (cloisons mobiles, panneaux absorbants), des bulles de travail fermées et une charte de bonne conduite collective.

Quel espace minimum par personne faut-il prévoir en open space ?

La réglementation française fixe un minimum de 11 m² par occupant (article R. 4214-22 du Code du travail). En pratique, les aménageurs recommandent entre 7 et 10 m² de surface nette par poste de travail, hors circulations, salles de réunion et espaces communs.

Quelle est la configuration la plus courante pour 4 à 6 personnes ?

Pour 4 à 6 collaborateurs, la configuration en bench (table longue face-à-face ou côte-à-côte) est la plus répandue. Elle optimise la surface, facilite les échanges et permet d’intégrer des séparateurs acoustiques entre les postes sans cloisonner l’espace.