En bref :
- Atlassian arrête sa dernière offre installable : Jira Data Center n’est plus vendu aux nouveaux clients depuis le 30 mars 2026 et ses licences passeront en lecture seule le 28 mars 2029, cinq ans après la fin de Jira Server (15 février 2024).
- Classement 2026 des alternatives à Jira on-premise : 1. GLPI (Teclib), 2. iTop (Combodo), 3. ManageEngine ServiceDesk Plus, 4. EasyVista. Ce sont les quatre solutions de service desk qui proposent encore une version sur site.
- GLPI est une alternative complète à Jira Service Management parmi les solutions libres : service desk, gestion de parc et CMDB dans le même outil, usage sans licence sous GPL v3, et 24 prestataires référencés au SILL de l’État.
- Le cloud Atlassian se paie par agent, de 20 à 51,42 dollars par mois au tarif catalogue de Jira Service Management, après une hausse de 5 à 7,5 % en octobre 2025.
Trouver une Jira alternative capable de tourner sur ses propres serveurs est devenu un chantier concret pour les DSI. En septembre 2025, Atlassian a annoncé la fin de vie de Jira Data Center, sa dernière offre on-premise, au profit d’Atlassian Cloud. Les organisations qui veulent garder leurs tickets en interne ont donc jusqu’en 2029 pour changer d’outil.
Ce comparatif traite le volet service desk, c’est-à-dire Jira Service Management (JSM) et la gestion des tickets du support informatique. Pour le suivi agile des équipes de développement, couvert par Jira Software, les outils et les critères sont différents : ils sont détaillés dans le comparatif du meilleur logiciel de gestion de projet.
Comparatif des alternatives à Jira on-premise en 2026
| Critère | JSM Data Center (référence) | GLPI | iTop | ServiceDesk Plus | EasyVista |
|---|---|---|---|---|---|
| Rang | Hors classement | 1 | 2 | 3 | 4 |
| Éditeur et pays | Atlassian (société américaine depuis 2022) | Teclib (France) | Combodo (France) | ManageEngine, Zoho Corporation (Inde) | EasyVista (France) |
| Licence | Propriétaire | Libre, GPL v3 | Libre, AGPL v3 | Propriétaire | Propriétaire |
| Version sur site | Fin de vie le 28 mars 2029 | Maintenue, GLPI 12 publiée le 7 octobre 2026 | Maintenue, iTop 3.3 publiée en septembre 2026 | Maintenue, éditions Standard, Professional et Enterprise | Proposée, avec un service de migration Move2SaaS vers le SaaS |
| Coût de licence sur site | Plus vendu aux nouveaux clients depuis le 30 mars 2026 | Aucune licence, souscription GLPI Network en option | Aucune licence pour l’édition Community | Standard offerte jusqu’à 5 techniciens, puis à partir de 13 dollars par technicien et par mois | Sur devis |
| Gestion de parc et CMDB | Assets (CMDB) | Inventaire par GLPI Agent, gestion de parc et CMDB natives | CMDB au cœur de l’outil, alimentée par des collecteurs de données | Actifs dès l’édition Professional, CMDB dans l’édition Enterprise | CMDB intégrée |
| Référencement au SILL | Non | Oui, depuis 2018, 24 prestataires | Oui, depuis 2022, 6 prestataires | Non | Non |
| Verdict | Solution disponible pour les clients existants jusqu’en 2029 | Complet parmi les outils libres sur site | Un choix centré CMDB | Simple à démarrer pour une petite équipe | Adapté aux grands comptes qui privilégient un modèle propriétaire |
Les prix sont les tarifs catalogue publiés par les éditeurs en octobre 2026, hors remises de volume.
Fin de Jira Server et de Jira Data Center : le calendrier d’Atlassian
Février 2024 : l’arrêt de Jira Server
Jira Server, la licence perpétuelle historique d’Atlassian, n’est plus supportée depuis le 15 février 2024. Depuis cette date, ses installations ne reçoivent plus de correctifs de sécurité. Les clients ont alors eu deux voies : migrer vers Atlassian Cloud ou passer sur Jira Data Center, l’édition sur site destinée aux grandes organisations.
De 2026 à 2029 : la sortie progressive de Jira Data Center
En septembre 2025, Atlassian a fermé cette seconde voie. Le calendrier officiel compte trois dates.
- 30 mars 2026 : fin des ventes de Jira Data Center et des applications Marketplace associées aux nouveaux clients.
- 30 mars 2028 : dernière date à laquelle les clients existants peuvent acheter de nouvelles licences, des extensions de licence ou des applications.
- 28 mars 2029 : fin de vie. Les licences Data Center et les licences d’applications associées expirent et passent en lecture seule.
L’éditeur justifie ce choix par l’adoption du cloud par sa base installée.
« 99 % de nos plus de 300 000 clients bénéficient déjà de la plateforme cloud d’Atlassian, et presque tous nos nouveaux clients choisissent le cloud. » Source : Atlassian, annonce de fin de vie de Data Center, 2025
Pour un client Data Center, la conséquence est simple : après le 28 mars 2029, l’instance reste consultable mais ne permet plus de traiter de nouveaux tickets. Le seul chemin proposé par Atlassian est le cloud.
Dans quels cas une alternative sur site complète utilement le cloud Atlassian
Une tarification par agent, à anticiper selon la taille de l’équipe support
Jira Service Management Cloud est facturé par agent, c’est-à-dire par personne qui traite des tickets. Le plan Free couvre 3 agents, le plan Standard coûte 20 dollars par agent et par mois, le plan Premium 51,42 dollars, et l’Enterprise est vendu sur devis.
Pour une équipe support de 50 agents, le tarif catalogue représente 12 000 dollars par an en Standard et 30 852 dollars par an en Premium, avant remise de volume. Le budget s’ajuste ainsi à la taille de l’équipe.
Ces tarifs évoluent. Au 15 octobre 2025, Atlassian a relevé les prix cloud de Jira Service Management de 5 % sur le plan Standard et de 7,5 % sur les plans Premium et Enterprise, d’après les notes de mise à jour tarifaire de l’éditeur. En abonnement, les tarifs sont révisés à chaque renouvellement, ce qui est à intégrer au budget.
À l’inverse, un outil sur site déplace le coût vers l’hébergement, l’exploitation et le support. Le coût total de possession dépend alors de l’infrastructure existante et des compétences internes, mais il ne croît pas mécaniquement avec le nombre d’agents.
Souveraineté des données et contraintes réglementaires
Atlassian Corporation est une société de droit américain depuis sa redomiciliation dans le Delaware, effective en octobre 2022. Elle relève donc du CLOUD Act, une loi américaine de 2018 qui permet aux autorités des États-Unis de demander à un fournisseur américain des données qu’il héberge, y compris hors du territoire américain.
Le RGPD encadre de son côté les transferts de données personnelles hors de l’Union européenne. Un service desk en contient beaucoup : noms, adresses e-mail, postes de travail, historiques d’incidents rattachés à chaque collaborateur.
Atlassian propose une résidence des données en Europe, et prépare Atlassian Isolated Cloud, une offre mono-client annoncée pour 2026. Ces options sont à comparer aux exigences de souveraineté de chaque organisation.
Les politiques d’hébergement des grandes organisations et du secteur public
Une partie des grandes organisations impose l’hébergement interne de certaines données par politique de sécurité : défense, santé, énergie, industries sous contrat sensible. Pour elles, un service desk en SaaS américain n’est pas envisageable.
Le secteur public français dispose d’un repère : le SILL (socle interministériel de logiciels libres), publié par la DINUM sur code.gouv.fr, qui recense les logiciels libres utilisés et recommandés dans les administrations. GLPI y figure depuis 2018 et iTop depuis 2022.
Les critères pour choisir une alternative à Jira on-premise
Le premier critère est la pérennité de la version installable. Il est recommandé de vérifier la feuille de route sur site de chaque éditeur avant de s’engager. Une licence libre garantit que le code reste disponible et exploitable dans la durée.
Le deuxième critère est le modèle de licence. Un outil libre s’utilise sans licence, le budget porte sur l’hébergement et le support éditeur. Un outil propriétaire facture des licences par technicien ou par agent, comme le cloud Atlassian.
Le troisième critère est la couverture fonctionnelle. Un remplaçant de Jira Service Management doit couvrir les processus ITIL de base : incidents, demandes, problèmes et changements, avec des SLA mesurés. La version en vigueur du référentiel est ITIL (Version 5), publiée par PeopleCert début 2026.
Le quatrième critère est la gestion de parc informatique. Dans JSM, la CMDB passe par Assets. L’outil de remplacement doit relier chaque ticket au poste, au serveur ou au logiciel concerné, sinon l’équipe perd une partie de l’information de diagnostic.
Le cinquième critère est le support éditeur et l’écosystème de partenaires intégrateurs, qui conditionnent la migration et l’exploitation dans la durée. Le comparatif des meilleurs logiciels ITSM open source détaille ces critères pour le marché ITSM, cloud compris.
GLPI, une alternative complète à Jira on-premise
GLPI est un logiciel libre de gestion des services informatiques édité par la société française Teclib, sous licence GPL v3. Il réunit dans le même outil le service desk conforme ITIL et la gestion de parc, et s’étend à d’autres services de l’entreprise (ESM), comme les ressources humaines ou les services généraux. Sa version 12, publiée le 7 octobre 2026, est la version majeure en cours.
GLPI On-Premise et GLPI Network On-Premise : deux façons d’auto-héberger
GLPI On-Premise est la version libre, téléchargée et installée sur les serveurs internes de l’organisation. Son usage ne demande aucune licence, et la licence libre ne plafonne pas le nombre de techniciens.
GLPI Network On-Premise ajoute une souscription éditeur à cette même installation sur site. Vendue par un partenaire intégrateur, elle apporte la garantie contractuelle de l’éditeur et un support de niveau N3, avec des paliers selon le nombre d’actifs gérés. L’accompagnement du partenaire n’est pas inclus dans la souscription.
Pour les organisations qui ne veulent pas exploiter l’infrastructure, GLPI Network Cloud existe aussi, hébergé par Teclib chez OVHcloud. Le choix entre cloud et sur site reste ouvert.
Ce que GLPI reprend de Jira Service Management
Les principales briques de Jira Service Management ont un équivalent natif dans GLPI.
| Fonction dans JSM | Équivalent dans GLPI |
|---|---|
| Portail client et types de demandes | Catalogue de services et formulaires natifs (depuis GLPI 11), interface simplifiée |
| Files de tickets | Tickets avec attribution par groupe et règles métier |
| SLA | SLA et OLA, avec une échéance OLA par groupe depuis GLPI 12 |
| Assets (CMDB) | CMDB et inventaire automatique par GLPI Agent (Windows, Linux, macOS, Android) |
| Base de connaissances (via Confluence) | Base de connaissances native, réécrite dans GLPI 12 |
| Approbations | Validations sur les tickets et les changements |
| Gestion des changements et des problèmes | Changements et problèmes natifs, conformes ITIL |
| Automation | Règles métier et actions automatiques |
Caractéristiques clés
- Sécurité : GLPI 12 enregistre les sessions ouvertes, permet de les révoquer et demande une confirmation d’identité pour les actions d’administration sensibles.
- Conformité : un menu Données et confidentialité centralise les règles de rétention et de purge, utiles pour le RGPD.
- Intégrations : GLPI 12 introduit la version 3 de son API de haut niveau, en parallèle des versions précédentes.
iTop, ServiceDesk Plus et EasyVista : les autres alternatives sur site
iTop, l’ITSM libre centré sur la CMDB
iTop est développé par la société française Combodo, sous licence AGPL v3. Sa version 3.3 a été publiée en septembre 2026. L’outil couvre le service desk, la gestion des changements et une CMDB très configurable, qui constitue son point fort.
iTop alimente sa CMDB par des collecteurs de données et il est référencé au SILL depuis 2022.
ManageEngine ServiceDesk Plus, une version installable chez un éditeur propriétaire
ServiceDesk Plus est édité par ManageEngine, division de la société indienne Zoho Corporation. Il reste disponible sur site en trois éditions : Standard pour le service desk, Professional avec la gestion des actifs, et Enterprise avec la CMDB et les pratiques ITSM avancées.
L’édition Standard est offerte jusqu’à 5 techniciens. Au-delà, les tarifs sur site commencent à 13 dollars par technicien et par mois en Standard, 27 dollars en Professional et 67 dollars en Enterprise, d’après la grille tarifaire de l’éditeur.
EasyVista, l’éditeur français orienté grands comptes
EasyVista, éditeur français, associe service desk, CMDB et gestion des actifs dans une base unique, pour les organisations de grande taille. EasyVista propose une offre sur site et un service de migration, Move2SaaS, pour les clients qui souhaitent passer au SaaS. La tarification est sur devis.
Quelle alternative à Jira on-premise selon le profil de l’organisation ?
| Profil | Priorité | Solution la plus adaptée |
|---|---|---|
| Administration et secteur public | Logiciel libre, référencement SILL, prestataires locaux | GLPI |
| ETI et grand compte qui refusent le cloud | Couverture ITIL, gestion de parc, support éditeur contractuel | GLPI Network On-Premise ou EasyVista |
| Organisation centrée sur la CMDB | Modélisation fine des configurations | iTop |
| PME avec une petite équipe support | Démarrage rapide, peu de techniciens | ServiceDesk Plus Standard ou GLPI |
Administration et secteur public
Une administration cherche un outil libre, déjà déployé ailleurs dans la sphère publique et soutenu par des prestataires identifiés. GLPI coche ces trois points : il est au SILL depuis 2018, plus de 20 organisations publiques y déclarent un usage ou un référent, et 24 prestataires y sont recensés.
ETI et grand compte qui refusent le cloud
Une ETI ou un grand compte attend une couverture ITIL complète, une gestion de parc intégrée et une garantie contractuelle. GLPI Network On-Premise répond à ce besoin avec un support éditeur N3, et EasyVista convient à ceux qui préfèrent un modèle propriétaire avec un éditeur unique.
Organisation dont les développeurs restent sur Jira Software
Une organisation peut garder Jira Software pour ses développeurs et sortir uniquement le service desk d’Atlassian. Le lien entre un ticket et une anomalie de développement passe alors par une intégration API.
PME avec une petite équipe support
Avec moins de 5 techniciens, l’édition Standard de ServiceDesk Plus est idéale pour démarrer. Pour gérer aussi le parc dans le même outil, GLPI couvre les deux dès l’installation.
Migrer de Jira Service Management vers un ITSM sur site
Migrer avant 2029, pas en 2029
Une migration de service desk se prépare sur plusieurs mois : choix de l’outil, paramétrage, reprise des données, formation des techniciens. Lancer le projet en 2028 laisse peu de marge, d’autant que les clients existants ne peuvent plus étendre leurs licences Data Center après le 30 mars 2028.
Le calendrier conseillé consiste à choisir l’outil en 2026 ou 2027, à le faire tourner en parallèle de Jira sur un périmètre pilote, puis à basculer avant la fin des extensions de licence.
Ce qui se reprend et ce qui se reconstruit
Les tickets et leur historique se reprennent. Jira permet d’exporter les tickets au format CSV depuis sa recherche, ou de les extraire par son API REST. Côté GLPI, le plugin Data Injection importe des fichiers CSV, et l’API permet de reprendre les commentaires et les pièces jointes par script.
Les référentiels se reprennent aussi : utilisateurs, groupes, catégories de tickets. Dans GLPI, les utilisateurs se synchronisent depuis l’annuaire LDAP de l’organisation, ce qui évite de les recréer.
Les workflows, les automatisations et les applications Marketplace se reconstruisent, car leur logique est propre à Jira. C’est l’occasion de trier les règles accumulées au fil des années.
Les SLA se redéfinissent : calendriers, niveaux et escalades sont à reparamétrer.
Les erreurs à éviter
- Attendre 2028 pour lancer le projet : la fin des extensions de licence au 30 mars 2028 réduit la marge de manœuvre si l’équipe support grandit pendant la migration.
- Vouloir reproduire Jira à l’identique : chaque outil a sa logique, et reconstruire les workflows à l’identique fait perdre les bénéfices du changement.
- Oublier la gestion de parc : sortir de Jira est l’occasion de relier les tickets à l’inventaire réel des équipements.
- Choisir un autre outil propriétaire sans vérifier sa feuille de route sur site : il est recommandé de sécuriser la pérennité de l’offre installable avant de s’engager.
Questions fréquentes
Quelle alternative à Jira on-premise après la fin de Jira Data Center ?
GLPI est une alternative à Jira on-premise complète en 2026 : service desk, gestion de parc et CMDB dans le même outil, sous licence libre GPL v3, avec un équivalent natif pour les principales briques de Jira Service Management. Trois autres solutions proposent encore une version sur site. iTop, libre lui aussi, se distingue sur la CMDB. ServiceDesk Plus est offert jusqu’à 5 techniciens puis facturé à partir de 13 dollars par technicien et par mois, et EasyVista vise les grands comptes sur devis. Le comparatif du meilleur logiciel ITSM open source en 2026 élargit l’analyse aux solutions cloud.
Quand Jira Data Center s'arrête-t-il exactement ?
Jira Data Center n’est plus vendu aux nouveaux clients depuis le 30 mars 2026. Les clients existants peuvent acheter des licences et des extensions jusqu’au 30 mars 2028. Le 28 mars 2029, les licences expirent et les instances passent en lecture seule.
Combien coûte le passage au cloud Atlassian par rapport à une solution sur site ?
Jira Service Management Cloud coûte 20 dollars par agent et par mois en Standard et 51,42 dollars en Premium, soit 12 000 à 30 852 dollars par an pour 50 agents au tarif catalogue. GLPI s’utilise sans licence sur site, et la souscription GLPI Network est tarifée par paliers d’actifs gérés. Sur site, le coût porte surtout sur l’hébergement, l’exploitation et le support.
GLPI peut-il remplacer Jira Software pour les équipes de développement ?
Non, GLPI remplace Jira Service Management, pas Jira Software. GLPI gère le service desk, la gestion de parc et des projets informatiques, mais il ne propose pas de gestion agile par sprints. Pour cet usage, le comparatif du meilleur logiciel de gestion de projet détaille les outils adaptés.
Peut-on migrer les tickets de Jira Service Management vers GLPI ?
Oui. Les tickets s’exportent depuis Jira au format CSV ou par l’API REST, puis s’importent dans GLPI avec le plugin Data Injection ou par l’API de GLPI. Les workflows, les automatisations et les SLA sont en revanche à reconstruire dans GLPI.
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